La France, terre d’exil fiscal pour les Belges ? | Le blog de MARIE EMMA PAOLI

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“Le Thalys fonctionne très bien dans les deux sens” ironise le Belge Marc Wauthoz, ex-directeur central de la banque française Natixis. Depuis qu’il habite Paris, il n’a jamais payé si peu d’impôts. “Pour quelqu’un comme moi qui vit de son travail, le système fiscal français est très généreux, voire trop. Entre le quotient familial, les niches, les déductions accordées par-ci, par-là, je mène grand train” s’enthousiasme-t-il. Si certains Français s’expatrient en Belgique pour échapper à l’ISF, il semblerait que de nombreux Belges s’installent également en France pour profiter pleinement de leur salaire.

Selon Pierre-François Coppens, conseiller fiscal de l’Institut des Experts – comptables à Bruxelles, la Belgique infligerait à ses citoyens la plus lourde imposition salariale au monde après la Suède. “Ici, mon revenu est imposé à 12%. Si je résidais encore à Bruxelles, ce taux graviterait autour de 40%. En 2004, j’ai quitté le Royaume, précisément pour ces raisons là. J’assume complètement mon statut d’expatrié fiscal” témoigne Stéphane Mortier. Avant de rejoindre l’Etat Major de la Gendarmerie Nationale, il contribue au développement d’entreprises à la frontière franco-belge. “Autant dire que j’en connais un rayon sur les avantages et les inconvénients financiers entre les deux pays” s’exclame t-il.

Aujourd’hui, les 5000 résidents belges qui travaillent dans la zone frontalière côté français, peuvent bénéficier de l’imposition hexagonale. “J’ai des amis qui habitent Tournai et travaillent à Lille. Eh bien, ils sont nettement gagnants” confie à son tour Pierre-François Coppens. De son côté, Marc Wauthoz se rappelle de la banque belge privée Degroof, “qui déclarait une partie de son salaire en Belgique et l’autre en France”. Cependant, rares sont ceux qui, comme Stéphane Mortier, affirment avoir fui le Royaume pour des raisons financières. Le mariage demeure le premier motif d’expatriation. S’ajoutent ensuite l’opportunité de travail et le goût pour le climat, la culture et la gastronomie hexagonale.

© Hipparque Patrimoine

Et puis, comme l’explique Frederik Boriau, président de l’association Vlamingen in Parijs (Les Flamands à Paris) “Si exilés fiscaux il y a, ces derniers ne l’avoueront jamais”. L’argent est suffisamment tabou pour ne pas franchir le cercle familial. A ce sujet, il se souvient d’ailleurs de son père qui se plaignait systématiquement “de ne travailler qu’une seule partie de l’année pour lui-même”. De son côté, Georgette Sterck, conseillère en DRH et mariée à un français depuis 1980, assure avoir ignoré le système fiscal français jusqu’à sa première paye, où son imposition a considérablement “chuté”. “De toute façon, la Belgique, c’est pour les gros poissons comme Depardieu, mais pas pour les petits” s’indigne t-elle.

Même surprise pour Marc Wauthoz qui avait l’habitude d’être prélevé à la source : “Tous les mois, j’appelais le service des impôts pour les informer qu’ils m’avaient oublié. Et a chaque fois, ils me répondaient : “Attendez votre tour !” Quand j’ai finalement reçu ma feuille d’impôt, j’étais tellement peu prélevé que j’ai encore pensé à une mauvaise blague” s’amuse t-il. Un enthousiasme que vient nuancer une étude menée par Forbes en 2009, selon laquelle la France concentre la plus grande pression fiscale générale au monde.

La Belgique arrive en deuxième position, ce qui s’explique par une faible fiscalité du patrimoine. L’absence d’impôt sur la fortune, de taxation des plus-values (à l’exception des actions, taxées depuis peu à 0,4%) mais également la possibilité de contourner  légalement des droits de successions élevés, font de la Belgique une des destinations préférées des grosses fortunes françaises, selon Pierre-François Coppens, pour qui “Chaque pays est le paradis fiscal d’un autre”.

Encadré

Selon Joren Vandeweyer, porte-parole adjoint aux Affaires Etrangères de Belgique, 111 668 Belges ont déclaré à l’ambassade vivre en France durant l’année 2012. Ils étaient 106 594 en 2011 et 103 486 en 2010. Selon la Direction générale Statistique et Information économique belge, 145 272 Français vivaient en Belgique en 2011.

Selon Eurostat, 717 Français ont acquis la nationalité belge et 420 belges la nationalité française en 2010.

Les Belges sont proportionnellement plus nombreux à vivre en France et a avoir acquis la nationalité française ces dernières années que l’inverse puisque la Belgique concentre une population six fois inférieure à celle de l’Hexagone.

Emma Paoli

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One Response to La France, terre d’exil fiscal pour les Belges ? | Le blog de MARIE EMMA PAOLI

  1. christian says:

    excellente information. Merci

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