La santé des expatriés à l’épreuve des risques interculturels (http://gestion-des-risques-interculturels.com)

L’expatriation – et plus largement les déménagements dans une autre région (linguistique, culturellement très différente, lointaine, etc.) – est source de vulnérabilité due à la distance, à la fatigue des voyages, à l’éloignement de l’entourage de départ mais aussi au départ de l’expatriation aux chocs émotionnels du nouveau lieu de résidence en particulier face à un contexte culturel nouveau. Un article récent, dont nous reprenons juste le début revient sur ces risques interculturels:

Sources: Gestion des Risques Interculturels » La santé des expatriés à l’épreuve des risques interculturels » Print. Reblog: Pascal Menigoz (http://www.scoop.it/u/PAM)

Posted By Benjamin PELLETIER On 2013/04/21 @ 13:17 In Analyses,Etudes de cas,Expatriation,Facteur humain,Gestion des risques,Médecine

L’expatriation, ce n’est pas seulement le défi d’adapter ses pratiques managériales et professionnelles à des équipes locales et à un environnement étranger. Pris dans l’effort pour développer une relation harmonieuse avec l’autre et sa culture, pris également dans l’intensité d’un projet majeur à gérer et exigeant une forte charge de travail, l’expatrié peut en venir à négliger sa relation avec lui-même, quitte à mettre sa santé en danger.

Sous l’effet de la fatigue, du stress et du choc culturel, le corps et l’esprit peuvent souffrir sans que l’expatrié ait pris garde aux signaux d’alerte ou mis en œuvre les mesures préventives. C’est donc un risque interculturel méconnu et pourtant fondamental que je vous invite à découvrir grâce au Docteur Franck Scola qui réfléchit depuis quinze ans à ces enjeux.

S’il existe des équipes psychiatriques se consacrant aux migrants de contrainte (voir sur ce blog le cas de l’ethnopsychiatrie dans Esprit, culture, influence) Dr. Scola est un des rares spécialistes de la question des risques médicaux en situation transculturelle pour les professionnels migrants et leur famille. Je le remercie donc vivement pour avoir bien voulu partager ici ses travaux.

Diplômé de psychiatrie transculturelle et médiateur interculturel certifié, Dr. Scola est également consultant formateur en RH sur les aspects sanitaires et médicaux en mobilité internationale. Il exerce actuellement comme médecin généraliste près du site du projet scientifique international ITER où il assure le suivi médical de collaborateurs étrangers et de leurs familles.

* * *

Les nouvelles populations d’expatriés

Benjamin Pelletier – En premier lieu, j’aimerais que vous nous expliquiez à partir de quel constat vous en êtes venu à vous intéresser à la question médicale pour les expatriés.

Dr. Scola – Dans mes expériences personnelles de vie à l’étranger, j’ai perçu dès mes jeunes années les souffrances et les difficultés d’accès aux soins vécues par les expatriés, en tant qu’étrangers et allophones. Or les expatriés, contrairement aux migrants de contrainte, font l’objet d’un présupposé selon lequel ils seraient privilégiés. Comme si leur niveau d’étude et de revenus en moyenne supérieur à celui de leurs compatriotes leur épargnait toute exposition à des risques sur leur santé et leur sécurité. D’où un isolement face à l’absence de reconnaissance de leur état de vulnérabilité et de réponse à leurs besoins médico-sociaux au sujet desquels j’ai constaté une carence d’offre de soins aux conséquences humaines sévères.

Ces maux n’étant pas nommés, ou frileusement évoqués, la prise en charge de ces plaintes m’apparaissait improvisée autant de la part des équipes médicales que des acteurs en charge de la gestion des personnels mobiles. En tant qu’interne, j’ai sondé 400 Français du Brésil que j’ai suivis pendant trois ans, confirmant objectivement ces constatations intuitives.

BP – Je note avec intérêt la distinction et le parallèle que vous faites entre migrants de contrainte, autrement dit ceux usuellement nommés  « immigrés », et migrants professionnels, communément nommés « expatriés ». Distinction, car les premiers focalisent l’attention en ce qui concerne les risques médicaux, au détriment peut-être des seconds dont on néglige l’exposition aux mêmes risques du fait de leur situation supposément privilégiée. C’est là que se situe le parallèle en ce que vous n’hésitez pas à parler de « vulnérabilité » de cette seconde catégorie de migrants.

Dr. S. – Je vous donnerai un exemple. Il s’agit d’une femme britannique, trentenaire et diplômée d’études supérieures, mariée à un haut cadre, et qui a accepté de sacrifier son activité professionnelle pour suivre son mari français en Extrême-Orient, puis dans un pays du Golfe. Cette femme a présenté un syndrome anxio-dépressif pour lequel elle a consulté un psychiatre en France lors de ses séjours trimestriels. J’assurais également le suivi médical de cette patiente et de son époux lors de leurs venues en France. Son histoire récente depuis son premier départ rapportait deux fausses couches spontanées, l’échec d’un projet de travail à distance et une prise de poids. Le psychiatre considérait que ces trois événements ont été les facteurs déclenchant de l’état psychiatrique de cette patiente, alors qu’un examen plus attentif a permis d’orienter l’imputation des troubles autour du statut de conjoint suiveur, du parcours migratoire, du choc social et du choc culturel.

BP – En quoi y a-t-il alors urgence à développer une expertise pour gérer cette vulnérabilité ?

Dr. S. – Il y a déjà une réalité toute simple à prendre en compte : le développement exponentiel de l’expatriation pour raison professionnelle. Selon l’étude récente du cabinet PwC : Talent Mobility 2020 and Beyond (pdf), l’expatriation augmentera de 50% d’ici 2020 contre 25% au cours de la dernière décennie, avec notamment un doublement du nombre de femmes.

(…), les nouveaux expatriés ont changé sociologiquement. Une migration comprend toujours une part de risques mais ceux-ci sont aujourd’hui mieux évalués. Le profil des familles de professionnels migrants a donc évolué quant aux besoins et demandes de garantie face à ces risques. Les professionnels de la mobilité internationale se trouvent face à de nouvelles missions en ressources humaines, gestion des expatriés et relocation. Le domaine a connu une grande avancée avec le perfectionnement de l’accompagnement des familles dont les quatre préoccupations sont :

  • l’hébergement,
  • la scolarité des enfants,
  • les procédures administratives,
  • la santé et les soins.

(…)

(Suite ici: Sources: Gestion des Risques Interculturels » La santé des expatriés à l’épreuve des risques interculturels »)

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